Le choc culturel a provoqué dans nos sociétés modernes des grandes mutations laissant place à l’érosion des valeurs morales, à la perte d’identité culturelle et au déséquilibre interne. En Afrique, l’impérialisme culturel occidental demeure l’opium du peuple, il impose ses conceptions, ses formes de vie et ses jugements. Cette ambition impérialiste est de plus en plus aiguë et fait de la culture une arme offensive et défensive masquée par l’essor des mass médias, des nouvelles technologies qui séduisent des milliers de peuples. Devant cette crise d’identité culturelle qui jonche nos rapports sociaux, une question attire notre attention : Que deviendra la culture africaine face à cette influence imposante de la culture occidentale ? Au rythme du brassage culturel, on est porté à croire qu’à la longue, la culture des peuples Noirs risquerait de disparaître du fait de sa marginalisation, de son abandon avec la complicité des Africains eux-mêmes au profit d’une culture pseudo – occidentale. Les efforts du modernisme et de la mondialisation se présentent chez l’Africain sous des formes complexes et divisent le continent en deux : d’une part l’Afrique des minorités représentée par un groupe de conservateurs qui se réclament gardiens de la tradition africaine ; D’autre part, se hisse un groupe de modernistes véreux optant pour le changement radical de la culture africaine. Ce groupe est constitué des intellectuels africains aliénés par l’occidentalisation dans les façons de voir, d’être, de faire et de penser. Ces pensées qui sont très souvent incompatibles avec les réalités africaines. Ceci a pour conséquence la perte de repères culturels, personnels, familiaux et sociaux.

Faudrait-il rester bouche close devant cette désorientation totale qu’a engendrée le choc culturel? N’est-il pas temps pour le continent noir de réviser sa politique culturelle comme l’ont fait les nouveaux pays industrialisés d’Asie et orienter autrement la question du développement de l’Afrique développement qui ne saurait passer de sa culture ?

Pour l’ASECA la problématique de la culture est commune aux pays africains (absence de véritable politique culturelle, absence d’implication de l’État, non reconnaissance de la culture comme étant une industrie de développement intégral de l’homme, faible industrie créative, mauvaise protection des droits des artistes, absence de formation aux métiers de la culture…). Chaque pays et chaque région possédant leurs propres spécificités, notre vision est de repenser la culture Africaine afin de favoriser son insertion dans la modernité. Nous souhaitons faire une analyse objective de notre passé, une critique rigoureuse de notre présent, afin de déterminer la voie de notre avenir. Faire un retour à nos sources culturelles pour y puiser les valeurs humaines, ultimes et passer au modernisme sans risque d’aliénation. Le Japon et la Chine nous en disent mieux à ce niveau car, ces pays ont su s’ouvrir au monde, aux nouvelles valeurs apportées par l’occident sans se nier.

D’un point de vue de l’approche genre, notre vision est de parvenir à la mise sur pied d’un plaidoyer en rapport avec la lutte pour l’humanisation et l’éradication de certains rites et traditions Africaines ou les jeunes filles et les femmes sont des victimes, tels que : (Le veuvage, la dot, le mariage forcé, l’excision). Ces rites qui jadis étaient initialement des valeurs Africaines positives, ont malheureusement subi beaucoup de perversions à cause des pertes des valeurs traditionnelles et de la crise économique. Coté artistique, nous souhaitons entrer en contact avec d’autres sensibilités afin d’exposer notre « Weltanschaung »

L’objectif général de notre action n’est pas de préserver l’Africain traditionnel, ni d’en faire un « Européen », mais de créer l’Africain moderne capable d’intégrer tous les éléments occidentaux qui répondent aux exigences de la vie contemporaine dans la tradition autochtone de façon rationnelle car aujourd’hui il est primordial de capitaliser sur les acquis de chacun et corriger la place de la culture dans les pays africains.