Le Cameroun, vivier de talents et de belles générations d’artistes, éclaire une fois de plus la planète musique d’un trio de choc dénommé L’Kollossal. Dodu de travail, de qualités tout à fait propres à eux, le groupe composé de Six Kolo, Atrepa et Mister Bew’D émet enfin leur premier pas discographique avec un maxi single dont le single introductif est « La Dot ».

Vous arrivez sur le marché discographique avec un single intitulé « La Dot ». De quoi parle-t-il ?

« La Dot » parle de la dénaturation du caractère symbolique de la dot pour en faire un outil de commerce, du business. On remarque qu’en Afrique, les parents ont changé la dot ; pas en son sens premier. Plutôt maintenant, ils vendent leur fille au plus offrant ! Celui qui a plus d’argent est susceptible d’avoir la belle-fille ! On ne regarde plus le jeune, celui qui se débrouille. Il ne peut avoir ce qui lui convient. C’est ce qu’on a voulu mettre en avant pour que l’Afrique en général et le Cameroun en particulier, puisse changer cette nature des choses.

Que signifie L’Kollossal ?

L’ c’est Liberté ; Kollossal c’est costaud. Nous nous définissons comme la force d’esprit que nous possédons, que nous exprimons tout librement. L’Kollossal = Force libre ! La force même en physique, on sait que lorsqu’elle est dégagée, il faut qu’elle explose. Et justement, cette force là, nous on la dégage et on voudrait qu’elle explose librement dans notre musicalité. Nous ne sommes pas des colosses mais c’est dans la tête que ça se passe. Avec les différents coups qu’on a eu à endurer dans toute notre carrière et notre quotidien, on s’est forgé un esprit assez robuste…

Vous êtes 03 dans le groupe L’Kollossal, on commence par toi Six Kolo. Pourquoi as-tu choisi la musique, quelles ont été tes motivations ; bref tes débuts. Et pourquoi ce nom d’artiste d’ailleurs ?

Je vais dire que c’est la musique qui m’a choisi. Tout petit sans le savoir, tout jeune déjà, la passion, l’interprétation au sein des établissements, les kermesses. La famille tout n’adhérait pas à ça et ça n’a pas été facile comme en Afrique. Il faut vraiment s’y mettre, c’est un sacrifice. Et c’est comme la passion du Rap. J’ai aimé les grands frères comme IAM, Ra-Syn qui ont bien chanté,… Et je me suis dis pourquoi pas commencer à composer. Je me lance en solo pendant un bon bout de temps en 2000 et après je retrouve les amis et on décide de se réunir pour faire un truc ensemble. Donc j’ai choisi de m’appeler Six Kolo parce que c’est dans un rêve où j’entendais tout le monde qui m’appelait Six Kolo. Et je me dis franchement Zié Rounli Philibert a.k.a Six Kolo a une histoire et c’est à la fin qu’on pourra décrire qui est Six Kolo.

Et Atrepa qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Je suis né dans une famille de chanteur, vu ma feu mère était chantre dans une chorale. Je commence à chanter 5 ans dans sa chorale et 12 ans plus tard, au Collège Jean Paul II à Mbalmayo, j’écris mon premier texte. Et 2 ans après, je vais au Congo-Brazzaville, j’adhère à un groupe et ça n’a pas été facile. 2ans après je suis rentré dans le même quartier et j’ai retrouvé Mister Bew’D, Six Kolo. On a fait un freestyle et derrière le freestyle, on a décidé de former un groupe. Ce qui est bien, tout le monde était prêt à se lancer dans la musique. Et mon nom vient de mes initiales, Ateba René Patrick.

Mister Bewd ?

J’ai commencé à apprécié la musique depuis tout petit déjà. En 2006-2007, je rencontre un ami qui était mon grand frère dans le domaine. On fait des trucs ensemble dans le jeu. Et se rend compte qu’il a quelque chose à tirer de moi. On forme un groupe la Angel TC qui n’a pas marché. Et je vais à Douala, je travaille avec les gars de la Cité des Palmiers, je me mets à rédiger mes propres textes que tout le monde apprécie. Pourquoi ne pas se lancer dans la carrière comme je le dis ? Redescendu sur Yaoundé, ma ville d’origine, je rencontre mes amis à Nkoldongo. Un tonton à nous, nous dis ce que vous faites là c’est bien. Je peux vous envoyer en studio. C’est comme ça qu’on rédige un texte intitulé « Dois-je y croire ? », une histoire d’amour. On voyait l’un en l’autre l’étoile, il y avait quelque chose qu’il fallait mettre en avant. Et c’est comme qu’on se lance ensemble et on crée le groupe L’Kollossal. On sort un titre « Fais Moi Sautiller ». La chance n’a pas vraiment tourné de notre côté. On s’est dit si on est fait pour ça, Dieu va permettre. Ça ne sert à rien de baisser les bras. Un jour un jour, one day one day… Je m’appelle Mister Bew’D, de mon nom Beyene Wilfried Daniel.

Le groupe est-il composé uniquement de chanteurs ?

Mister Bew’D fait en même temps chant Reggae, Rap ; Six Kolo spécialisé dans le Rap.

De quoi va d’ailleurs parler le futur maxi ? Quelles sont les sonorités qu’on y retrouvera ?

L’Kollossal d’abord c’est une force d’esprit qui s’exprime librement dans les mélodies, de toutes les manières. Par moment, on se retrouve en train de faire du Rap, du Reggae… Tout le monde aura sa part du gâteau dans l’album. Ce sera un maxi de trois titres : « La Dot » qu’on met en avant ; « Reviens » un peu Pop et Soul ; le dernier titre c’est du Reggae « An’Ti » où on parle de Dieu, de l’homme, de sa vie sur terre. Nous faisons généralement dans l’Afro, il y’a toujours une touche L’Kollossal dans tout ce qu’on fait.

Vous êtes fan de quel artiste?

Atrepa : il y’a des artistes comme Brian Adams, Michael Jackson, BoysIIMen, Céline Dion, etc. Au début, je faisais plus dans le Slow. Et avec les données au Cameroun, on est obligé de rentrer dans un style africain.

Six Kolo : j’aime la musique qui est bonne en général ; le Bikutsi, le Reggae, je n’ai pas d’idole.

Mister Bew’D : pas d’idole, j’aime la musique ; tout ce qui est bien fait.

Quelle est la particularité d’ L’Kollossal ? Et jusqu’où veut aller L’Kollosal ?

L’Kollossal c’est la force libre. Nous ne sommes pas cantonner dans un registre particulier et on a réussit à définir cela, la All Musik parce qu’on fait dans un peu de tout quelque soit le rythme. Nous voulons aller le plus loin possible. On n’a pas de limites. Peu importe où Dieu voudra qu’on aille, on ira. On aimerait faire comme les grands frères qui nous ont précédés et peut-être voir plus loin que X-Maleya, Richard Bona, etc.

Y’aura-t-il des featurings dans votre futur maxi ?

Pour le moment, le maxi qu’on a réalisé, il n’y a aucun featuring. Vu que nous sommes nouveaux dans le monde, présenter des featurings, ce ne serait pas valoriser notre musique. On voudrait d’abord se faire connaitre avant d’attirer des artistes qui ont le même engouement que nous dans la musicalité.

Quelles sont les thèmes développés dans le futur maxi ?

Le thème de l’album peut être globalisé en l’amour. La dot parle de l’amour entre deux personnes qu’on bafoue, qui n’aboutit pas. « Reviens » parle de l’amour perdu, qui s’est échappé et on demande à l’autre moitié de revenir. Et le dernier « An’Ti » qui veut dire Seigneur en langue Béti, c’est un plaidoyer pour savoir le nombre de temps qui nous reste à vivre sur terre pour qu’on puisse corriger nos actes et pouvoir accéder au paradis.

Vous faites naturellement de la musique urbaine, vu que vous êtes de la jeune génération avec le Hip Hop, le rap que vous faites. Quelle opinion a L’Kollossal à propos de la musique camerounaise qui a évolution et qui prend quand même de l’ampleur ?

Les jeunes musiciens camerounais cherchent à dénaturer l’art musical. Ils cherchent à faire comme certains. Les X-Maleya, Stanley Enow, Mani Bella par exemple sont les pionniers. Ils font une musique, créent de la valeur, ils rendent la musique camerounaise porteuse. Le but n’est pas de faire comme les anciens mais faire de la musique. On peut s’inspirer de ceux qui ont bien fait dans le passé et ne pas se dénaturé, garder un esprit, une personnalité musicale.

Le dernier mot ?

On espère que le public va accepter notre musique et nous aider à atteindre l’optimum. On aimerait aussi que le Ministère de la Culture valorise la musique camerounaise. Au Nigéria, les artistes s’en sortent. Il y’a la piraterie en même temps au Cameroun ; ce qui fait que les artistes ne puissent pas bien vivre de leurs efforts. Bref, L’Kollossal est ouvert. S’il y’a des spectacles, des concerts, nous sommes ouverts.

 Par Prince de Bangoua